« Atos est sauvé, 2026 sera l’année du rebond » : son cours explose après la publication de son chiffre d’affaires 2025

Laurent Carbonnet

Le marché n’attendait pas de miracle. Il a obtenu un signal. En publiant des chiffres 2025 conformes à ses objectifs, Atos a surtout démontré qu’il maîtrisait enfin sa trajectoire financière. Résultat immédiat : le titre s’envole, porté par une rentabilité en nette amélioration, une consommation de trésorerie mieux contenue et un discours managérial qui tranche avec les années de crise.

Une publication sans éclat… mais sans mauvaise surprise

Le chiffre d’affaires 2025 ressort à environ 8 milliards d’euros. Aucun record, aucune embellie spectaculaire, mais une exécution conforme à la feuille de route. Après plusieurs révisions successives, ce point était scruté de près par les investisseurs, échaudés par trois exercices de décrochage brutal.

Sur le quatrième trimestre, la contraction organique reste marquée, autour de -9 %, mais la dynamique s’améliore nettement par rapport à l’été. La division Atos SBU, cœur historique du groupe, montre un redressement séquentiel visible, notamment en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, où la base de comparaison redevient plus favorable.

Le message envoyé est clair : la décroissance ralentit. Pour un groupe qui a vu son activité chuter de près de 16 % sur l’année, cette stabilisation progressive vaut presque victoire intermédiaire.

Le vrai soulagement vient de la rentabilité

C’est sur ce terrain qu’Atos surprend positivement. La marge opérationnelle dépasse 340 millions d’euros, soit un peu plus de 4 % du chiffre d’affaires. En 2024, elle plafonnait autour de 2 %. Le doublement en un an n’est pas anodin.

Cette amélioration reflète un choix assumé : sortir volontairement de contrats peu ou pas rentables, au prix d’un recul temporaire de l’activité. Une stratégie douloureuse à court terme, mais qui commence à produire ses effets sur la structure de coûts et le taux de facturation.

Le marché ne s’y est pas trompé. Le titre bondit de plus de 8 %, propulsant Atos parmi les meilleures performances du SBF 120. Après une chute de 99 % en cinq ans, le moindre signe de normalisation devient un catalyseur puissant.

Trésorerie : encore négative, mais sous contrôle

La consommation de trésorerie reste un point sensible. Le free cash-flow 2025 ressort à -327 millions d’euros, intégrant plus de 430 millions d’euros de charges de restructuration. Le chiffre reste négatif, mais il est légèrement meilleur que ce qu’anticipait le consensus.

Surtout, la liquidité disponible dépasse largement les seuils exigés par les créanciers. La direction insiste sur la discipline financière : pas d’affacturage, pas d’artifices de fin d’exercice, une gestion prudente assumée. Un discours qui tranche avec les années précédentes, marquées par des tensions extrêmes sur le cash.

Cette crédibilité retrouvée sur la trésorerie explique en grande partie le soulagement boursier observé à l’ouverture.

Des prises de commandes qui changent la narration

Le signal le plus encourageant se situe peut-être du côté commercial. Le ratio book-to-bill atteint 122 % au quatrième trimestre, indiquant plus de commandes que de chiffre d’affaires facturé. Pour Eviden, la performance est spectaculaire, à 229 %, grâce notamment au contrat de supercalculateur Alice Recoque dans le calcul haute performance.

Pour Atos SBU, le ratio remonte à 106 %. Ce n’est pas encore l’euphorie, mais c’est un retour en zone constructive après plusieurs trimestres sous pression. Le carnet de commandes offre désormais une visibilité équivalente à environ un an et demi de chiffre d’affaires.

Ce redémarrage progressif de la demande est central pour crédibiliser le discours sur 2026.

« 2026 sera l’année du rebond » : une promesse encore à prouver

Le croisement EMA 55 et EMA 2OO n’était plus arrivé depuis 2020.

Lors de la présentation, Philippe Salle a voulu frapper fort : « Atos est sauvé aujourd’hui ». Le message vise clairement les marchés, encore marqués par la dilution massive liée à la restructuration financière de 2024.

Les objectifs 2026 seront détaillés le 6 mars, lors de la publication des comptes audités. Le groupe évoque une croissance organique et une génération de trésorerie positive, soutenues par la montée en puissance commerciale et la maîtrise des coûts.

Les ambitions de moyen terme restent inchangées : 8,5 à 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2028 et une marge opérationnelle proche de 10 %. Après les traumatismes passés, le marché attend désormais moins de promesses et plus de preuves.

Atos a coché une première case. La suite se jouera sur l’exécution. Pensez-vous que le rebond est enfin enclenché ou s’agit-il d’un simple sursaut boursier ? Partagez votre lecture et vos questions en commentaire.

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